Physiologie de la cicatrisation
La cicatrisation normale correspond aux mécanismes décrits dans le chapitre mécanismes du cours « Physiologie de la cicatrisation ».
- Les phénomènes pathologiques concernent essentiellement les étapes de l’inflammation, la prolifération cellulaire et le remodelage tissulaire.
- .
- Y
- Y
- Y
- Y
- Y
- Y
- Réponse vasculaire
- Inflammation
- Prolifération cellulaire
- Remodelage tissulaire
- Cicatrisation normale
La cicatrisation peut devenir pathologique en fonction de l’aspect considéré : délai, résultat esthétique ou fonctionnel.
- Chaque aspect peut correspondre à un tableau clinique, mais bien souvent, plusieurs mécanismes entrent en jeu de façon concomitante.
- Cicatrisation pathologique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
- Délai de cicatrisation
- Retard de cicatrisation
- Plaie chronique
- Aspect de la cicatrice
- Désunion de suture
- Cicatrice dyschromique
- Défauts de suture
- Cicatrice rétractile
Cicatrisation pathologique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
- Délai de cicatrisation
- Retard de cicatrisation
- Plaie chronique
- Aspect de la cicatrice
- Désunion de suture
- Cicatrice dyschromique
- Défauts de suture
- Cicatrice rétractile
J21
- J5
- Fibroblastes
- Myofibroblastes
- J1
- J60
- Pas d’apoptose
- =
- Cicatrice hypertrophique
- Apoptose cellulaire
- Apoptose vasculaire
- Contraction
- Mécanisme de base de la cicatrice hypertrophique : lors d’une cicatrisation normale, quand ils sont en nombre suffisant, les fibroblastes et les capillaires subissent un phénomène d’apoptose (suicide cellulaire). La persistance de ces éléments en trop grand nombre est à l’origine des cicatrices hypertrophiques et/ou inflammatoires.
- Cicatrice hypertrophique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
Dans les formes les moins graves, il s’agit de cicatrices hypertrophiques, plus fréquentes chez les sujets jeunes.
- Dans les formes plus graves, il s’agit d’authentiques cicatrices chéloïdes, plus fréquentes sur les peaux noires.
Cicatrice hypertrophique
- Survenue
- Suture
- Cicatrisation dirigée
- Augmentation de volume
- Reste dans les limites de la cicatrice initiale
- Inflammation locale
- Prurit
- Facteurs de risque
- Localisation (cuisse, thorax, épaule …)
- Age (enfant, adolescent)
- Evolution
- Diminution du volume et de l’inflammation
- Séquelle : cicatrice large et dyschromique
Exemples d’évolution d’une cicatrice restée longtemps inflammatoire.
- Gauche : séquelle d’une cicatrisation dirigée
- Droite : séquelle d’une cicatrice inflammatoire.
Cicatrice chéloïde
- Survenue
- Cicatrice normale puis chéloïde
- Cicatrice inflammatoire immédiate
- Aspect tumoral
- Pas de régression spontanée
- Implantation initiale sur la cicatrice
- Puis envahissement de la peau saine voisine
- Facteurs de risque
- Localisation (cuisse, thorax, épaule …)
- Age (enfant, adolescent)
- Peau pigmentée
- Evolution
- Tendance continue à l’aggravation
- Parfois stabilisation spontanée (traitement)
Exemples de cicatrices chéloïdes sur différents types de peau et différentes localisations.
- © Ph. Pélissier, 2005
- © H. Gardet, 2005
Cicatrisation pathologique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
- Délai de cicatrisation
- Retard de cicatrisation
- Plaie chronique
- Aspect de la cicatrice
- Désunion de suture
- Cicatrice dyschromique
- Défauts de suture
- Cicatrice rétractile
Mécanisme du retard de cicatrisation. Le phénomène de remodelage harmonieux repose sur un équilibre entre synthèse et dégradation du collagène. Celui-ci est synthétisé par les fibroblastes (voir mécanismes de la cicatrisation).
- Sa dégradation dépend de différentes cellules (macrophages, fibroblastes, cellules épidermiques et endothéliales …) dont l’action nécessite la présence d’une enzyme (MMP). Pour contrôler le mécanisme de dégradation et éviter son emballement, les tissus sécrètent une enzyme inhibitrice (TiMs).
- Modelage du collagène
- Synthèse
- Dégradation
- Fibroblastes
- Macrophages
- Cellules épidermiques
- Cellules endothéliales
- Fibroblastes
- MMP
- MMP = Metalloprotéinases matricielles
- TiMs = inhibiteur tissulaires des MMP
- TiMs
- © Ph. Pélissier, 2005
- Retard de cicatrisation
Différents facteurs locaux sont susceptibles de diminuer la sécrétion d’enzyme inhibitrice (TiMs) par les tissus. Il en résulte un déséquilibre du cycle du collagène en faveur de sa dégradation. La plaie devient alors instable, fragile, et passe à la chronicité.
- Les facteurs favorisants sont le diabète, un état inflammatoire chronique, l’insuffisance vasculaire (artérielle ou veineuse), le diabète, une dénutrition, hypoxie tissulaire (écrasement ou tabagisme) …
- Modelage du collagène
- Dégradation de la matrice extracellulaire = plaie chronique
- Synthèse
- Dégradation
- Fibroblastes
- Macrophages
- Cellules épidermiques
- Cellules endothéliales
- Fibroblastes
- MMP
- TiMs
- MMP = Metalloprotéinases matricielles
- TiMs = inhibiteur tissulaires des MMP
- Retard de cicatrisation
Un exemple de plaie chronique de la jambe sur un terrain associant plusieurs facteurs de risques : insuffisance veineuse et hépatique, état inflammatoire chronique, infection locale, tabagisme.
- Retard de cicatrisation
Cicatrisation pathologique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
- Délai de cicatrisation
- Retard de cicatrisation
- Plaie chronique
- Aspect de la cicatrice
- Désunion de suture
- Cicatrice dyschromique
- Défauts de suture
- Cicatrice rétractile
Pour éviter une ischémie cutanée prolongée, il est classique de procéder à l’ablation des points entre le 12e et le 15e jour. La plaie peut alors être considérée comme cicatrisée. Sa résistance mécanique n’est toutefois pas maximale à cette période, et elle ne le deviendra que beaucoup plus tardivement.
- Si le plan profond n’est pas assez résistant, la seule suture cutanée ne peut s’opposer aux forces de tractions et la cicatrice tend à se désunir à la phase précoce, ou à s’élargir à une phase plus tardive.
- Désunion de suture
- Survenue
- Fragilité du tissu conjonctif
- Ablation précoce des sutures
- Plaie ouverte
- Berges inflammatoires
- Facteurs de risque
- Suture sous tension
- Appui ou mobilisation précoce
- Evolution
- Cicatrisation dirigée
- Reprise chirurgicale ultérieure
- jours
- 100
- 0
- 7
- 14
- 21
- 28
- 35
- 42
- 49
- 56
- 20
- 40
- 60
- 80
- % de la résistance initiale
Une solution simple pour lutter contre la tendance à l’élargissement des plaies, et dans des régions de forte traction, consiste à laisser en place pendant plusieurs semaines (4 à 12) un adhésif aéré (ex: Micropore® ). La traction cutanée s’exerce alors sur l’adhésif et non directement sur la cicatrice.
- Désunion de suture
Différentes circonstances de désunion cicatricielle.
- Gauche : Désunion de sternotomie d’origine infectieuse.
- Milieu : désunion de plastie de réduction mammaire chez une patiente tabagique.
- Droite : désunion de cicatrice de plastie abdominale par tension excessive et jonction de deux cicatrices.
- Désunion de suture
Cicatrice dyschromique
- Survenue
- Tatouage
- Rougeur inflammatoire
- Trouble de la pigmentation cutanée
- Hyper ou hypopigmentation
- Facteurs de risque
- Parage insuffisant d’une abrasion cutanée
- Injections sous pression, coup de feu
- Exposition solaire
- Cicatrice élargie (hypopigmentation)
- Cicatrisation dirigée (hypopigmentation)
Exemples d’évolution d’une cicatrice restée longtemps inflammatoire. L’évolution se fait à long terme vers une cicatrice élargie et hypochromique.
- Gauche : séquelle d’une cicatrisation dirigée
- Droite : séquelle d’une cicatrice inflammatoire.
- Cicatrice dyschromique
Hyper pigmentation d’une cicatrice de plastie abdominale. L’hyper pigmentation siège sur la partie médiane, restée longtemps inflammatoire. Sur la partie latérale, où s’exerce moins de tension sur la cicatrice, celle-ci a évolué de façon normale avec une coloration naturelle à 18 mois.
- Cicatrice dyschromique
Cicatrisation pathologique
- Volume de la cicatrice
- Cicatrice hypertrophique
- Cicatrice chéloïde
- Délai de cicatrisation
- Retard de cicatrisation
- Plaie chronique
- Aspect de la cicatrice
- Désunion de suture
- Cicatrice dyschromique
- Défauts de suture
- Cicatrice rétractile
Cicatrice rétractile
- Survenue
- Rétraction = processus normal
- Pathologique si excessive
- Cicatrice inflammatoire
- Rétraction
- Attraction des tissus sains voisins
- Rétraction immédiate (orifice), lente (pli), retardée (brûlure)
- Rétraction superficielle (cutanée) ou profonde (os, articulation)
- Facteurs de risque
- Cicatrice perpendiculaire à un pli
- Cicatrice péri-orificielle
- Cicatrice de brûlure
- Enfant (croissance squelette > croissance cicatrice
- Evolution
- Aucune tendance à l’amélioration
Ce mode de cicatrisation ne se conçoit qu’à distance des zones mobiles (articulations, orifices), en raison de la rétraction prévisible de la cicatrice à l’origine de brides dans ces localisations. Il en est de même pour les greffes de peau mises en place sur un tissu de granulation, celui-ci conservant ses propriétés contractiles.
Massage
- Pétrissage
- Pluriquotidien
- Appuyer +++
- Début vers J15
Massage
- Compression
- Vêtement ou appareillage
- Permanente
- Durée : 3 mois
- Puis, compression nocturne
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Poly-uréthane (Lumiderm®)
- Gel de silicone
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Pommades si prurit, en cure courte
- Injection intracicatricielle sur cicatrices chéloïdes
- Triamcinolone (Kénacort Retard® 40 ou 80)
- Injection à l’aiguille fine ou Dermojet
- Injection strictement intracicatricielle (risque d’atrophie de la peau saine)
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Efficace au stade initial de la maturation de la cicatrice
- Saint-Gervais, Avène, La Roche-Posay
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- 6 mois chez l’adulte
- 18 mois chez l’enfant
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, lambeau, greffe
Reprise d’une cicatrice élargie à la racine du membre. Noter la taille de la perte de substance après l’ablation du tissu cicatriciel. La peau environnante a gardé la « mémoire » de la perte de substance initiale. S’agissant d’une reprise précoce, la contraction de la cicatrice n’a pas eu le temps de distendre la peau saine voisine. Il n’y a donc pas création d’un excédent cutané qui aurait permis de suturer la plaie sans tension.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, lambeau, greffe
Cicatrice chéloïde après otoplastie. Il s’agit d’une véritable tumeur refoulant le pavillon de l’oreille.
- La résection est intrachéloïdienne, laissant 1 mm de cicatrice sur les berges de l’exérèse.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, lambeau, greffe
Bride cicatricielle de la première commissure. Plastie en trident.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, greffe, lambeau
Cicatrice rétractile du dos de la main, séquellaire de brûlure. La flexion des articulations métacarpophalangiennes est impossible. Une greffe de peau pleine, en apportant un tissu souple permet de restaurer la fonction.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, greffe, lambeau
Cicatrice rétractile du dos de la main, séquellaire de radiothérapie. La flexion des articulations métacarpophalangiennes est impossible. Le parage de la cicatrice met à nu le système extenseur. Une greffe de peau simple ne peut être mise en place sur ce terrain. Un lambeau de resurfaçage apporte une couverture stable.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Reprise de cicatrice
- Résection intrachéloïdienne
- Plastie cutanée, greffe, lambeau
Massage
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Laser
- Traitement complémentaire
- Traitement de la dyschromie
- Relissage cutané
Radiothérapie in situ pour chéloïde rétro-auriculaire. Résection intrachéloïdienne et mise en place de tuteurs creux (silicone), qui permettront le passage des fils d’Iridium.
- Compression
- Pansements compressifs
- Attelles de posture
- Corticoïdes locaux
- Crénothérapie
- Protection solaire, camouflage
- Chirurgie
- Laser
- Radiothérapie
- Indication exceptionnelle
- Curiethérapie ou radiothérapie de contact dans les cicatrices chéloïdes
