Généralités
Le lambeau antébrachial radial est un lambeau fascio-cutané (septo-cutané) prélevé à la face antérieure de l’avant-bras. Il est vascularisé par l’artère radiale, dont les branches septales perfusent la palette cutanée.
Indications
Avantages
- Lambeau fiable, à l’anatomie constante
- Dimensions, finesse et texture favorables
- Grand arc de rotation
- Lambeau composite possible (os, tendon, nerf)
- Lambeau porte-vaisseaux
- Séquelles esthétiques acceptables au site receveur
Inconvénients
- Prélèvement de l’artère radiale
- Technique de dissection exigeante
- Lambeau à flux rapide (engorgement veineux possible)
- Séquelles esthétiques au site donneur
Anatomie et vascularisation
Un lambeau fascio-cutané est vascularisé par le plexus artériel sous-cutané, représenté par les anastomoses des différents territoires au niveau du fascia musculaire — ce qui explique que ce fascia soit inclus dans le prélèvement. La notion de lambeau septo-cutané indique que ce plexus est alimenté par des branches artérielles issues de troncs profonds, cheminant entre les masses musculaires : le fascia de deux muscles contigus constitue un méso vasculaire, à prélever jusqu’au tronc artériel profond.
La vascularisation artérielle provient de l’artère radiale, dont les branches septales perfusent la palette cutanée. Le drainage veineux se fait en profondeur par le réseau des veines comitantes et en superficie par les gros troncs veineux superficiels de l’avant-bras. Ces deux réseaux communiquent au niveau du pli du coude ; en théorie, l’anastomose d’un seul des réseaux suffit.
Compléments d’anatomie :
Technique opératoire
Repères. Axe radial ; deux tiers de la palette sur le versant ulnaire de l’avant-bras. Test d’Allen préalable : clampage de l’artère radiale, lâcher du garrot, vérification de la recoloration immédiate de la main. La mise sur lac des tendons du fléchisseur radial du carpe (FCR) et du brachio-radial (BR) facilite le repérage du septum.
Dissection. L’incision de la berge du lambeau emporte l’aponévrose musculaire ; l’aponévrose doit être solidarisée à la palette cutanée pour éviter le phénomène de « savonnage ». Le péritendon est respecté à la partie distale. Les branches sensitives du nerf radial sont identifiées et préservées. La dissection isole le septum intermusculaire, puis libère la face profonde du pédicule.
Variantes.
- Pédicule distal (flux rétrograde) : couverture des pertes de substance de la main. Un décroisement du pédicule sous les tendons de la tabatière anatomique peut gagner quelques centimètres (Foucher) — prévoir un tunnel large pour éviter toute compression, en anticipant l’œdème post-opératoire.
- Pédicule proximal (flux antérograde) : utilisation microchirurgicale.
Cas cliniques
Écrasement de la main par presse. Après parage, amputation des quatre doigts longs au niveau des métacarpo-phalangiennes ; le pouce est préservé. Couverture du moignon par un lambeau antébrachial radial, dont le pédicule servira ultérieurement de pédicule receveur à un transfert microchirurgical d’orteil.
Deuxième temps : transfert libre de 2e orteil, branché sur l’artère radiale et la veine basilique du lambeau, pour reconstruire une pince. Malgré l’aspect esthétique pauvre, le patient a repris son activité agricole.
Reconstruction ostéoplastique du pouce. Amputation des deux premiers rayons chez un patient de 81 ans. Reconstruction par un lambeau ostéo-cutané antébrachial radial : la palette cutanée, repliée sur elle-même, reconstitue le fourreau cutané du néo-pouce ; le prélèvement emporte en profondeur une baguette de radius, vascularisée par des branches de l’artère radiale.
