Service de Chirurgie Plastique du CHU de Bordeaux — blocs opératoires, mains
Enseignement · Lambeaux

Lambeau de gracilis

Lambeaux · Membre inférieur

Généralités

Lambeau musculo-cutané, prélevé sur la face interne de la cuisse. Vascularisé par l’artère du gracilis, branche de la fémorale profonde ou de la circonflexe médiale de la cuisse.

Avantages

  • Séquelles minimes
  • Pas de déficit fonctionnel
  • Calibre et longueur du pédicule acceptables

Inconvénients

  • Palette cutanée non fiable si obésité ou grande laxité cutanée
  • Palette de taille limitée
  • Fiabilité inconstante, identification du muscle parfois difficile
  • Variabilité du point pivot (inutilisable si > 15 cm)
  • Lambeau insensible
Indications. Couverture périnéale, abdominale, inguinale · Comblement pelvien, escarres ischiatiques · Reconstruction du sphincter anal · Réanimation motrice du membre supérieur · Réanimation motrice de paralysie faciale.

Anatomie

Classification de Mathes et Nahai : le muscle gracilis appartient au groupe II (un pédicule dominant, plus des pédicules accessoires, comme le soléaire).

Figure 1 — Classification de Mathes et Nahai ; le gracilis est de type II.

Le muscle est en position médiale à la face interne de la cuisse ; il est également superficiel, ce qui rend la dissection du corps musculaire facile. Le pédicule aborde le muscle par sa face profonde et son bord antérieur — il faudra récliner le muscle vaste médial pour achever la dissection du pédicule.

Figure 2 — Position du gracilis, face interne de la cuisse.
Figure 3 — Coupe transversale au tiers proximal de la cuisse.

Vascularisation du gracilis. Origine : artère circonflexe médiale ou artère fémorale profonde. Trajet : entre le long adducteur et le court adducteur. Terminaison : au tiers supérieur du muscle, 8 à 10 cm sous le pubis, avec des branches de la fémorale superficielle pour la partie distale du muscle. Innervation motrice par une branche du nerf obturateur.

Figure 4 — Vascularisation et innervation du gracilis.

Dissection

Repères du lambeau musculo-cutané. Émergence des vaisseaux à 10 cm sous le pubis. Limite antérieure : ligne épine du pubis–condyle médial. Limite postérieure : parallèle à la précédente. Limite inférieure : tiers inférieur du muscle. Taille maximale de la palette : 11 × 27 cm.

Figure 5 — Repères du lambeau, émergence vasculaire à 8-10 cm sous le pubis.

Tracé de la ligne épine du pubis–condyle médial : on ne prélève ici qu’un lambeau musculaire, la voie d’abord se trouvant donc en arrière de cette ligne. L’incision est centrée sur le point d’émergence théorique des vaisseaux, 10 cm sous le pubis. Repérage du tendon distal du muscle, mis en tension pour confirmer que l’incision se trouve à l’aplomb du muscle. Exposition de la face superficielle du muscle.

Figure 6 — Incision centrée sur l'émergence vasculaire, exposition superficielle.

Exposition progressive de l’ensemble du corps musculaire, en sectionnant les branches distales. Section du tendon terminal, qui permet de mobiliser le muscle et facilite la dissection finale du pédicule.

Figure 7 — Exposition du corps musculaire, section du tendon terminal.

Fin de la dissection proximale du pédicule. Le pédicule émerge de la face profonde du vaste médial ; celui-ci est décliné pour visualiser l’émergence du pédicule depuis l’artère fémorale.

Figure 8 — Dissection proximale, pédicule émergeant de la face profonde du vaste médial.