Généralités
Extension proximale du lambeau commissural décrit par Valenti et du lambeau dorso-digital décrit par Del Bene ; cette modification a été décrite par Bakhach. Le lambeau est vascularisé a retro par le réseau artériel sous-cutané dorsal, anastomosé à mi-P1, mi-P2 et à la base de P3 avec le réseau collatéral palmaire.
Variantes possibles : palette cutanée sur le métacarpien avec point de pivot sur P1, ou palette cutanée sur P1 avec point de pivot sur P2.
Avantages
- Simplicité, fiabilité
- Grand arc de rotation, grande adaptabilité
- Fiabilité constante pour tous les rayons digitaux
Inconvénients
- Lambeau insensible
- Cicatrice sur la face dorsale de la main
Arrêt de travail moyen : 40-60 jours. Sensibilité épicritique : 0 mm.
Anatomie
Le lambeau est vascularisé a retro par le réseau artériel sous-cutané dorsal, anastomosé à mi-P1, mi-P2 et à la base de P3 avec le réseau collatéral palmaire. Il peut exister des branches à destinée dorsale supplémentaires.
Repérage du pédicule collatéral palmaire et du niveau des perforantes à destinée dorsale (mi-P1, mi-P2, IPD). Tracé de l’axe du pédicule sur la face latéro-dorsale du doigt, puis de la palette cutanée sur la région métacarpienne, après calcul de l’arc de rotation. La palette cutanée peut aussi être dessinée sur P1, avec le point de pivot placé sur P2 (lambeau digito-dorsal de Del Bene).
Dissection
Exposition du pédicule sous-cutané. L’incision en ligne brisée à la face dorso-latérale du doigt permet une large exposition du pédicule, depuis la palette cutanée jusqu’au point pivot. Le plan de décollement est très superficiel, pour conserver la plus grande épaisseur possible au pédicule et y inclure le plan veineux superficiel.
Incision de la berge dorsale. Rectiligne, depuis le bord proximal de la palette jusqu’au point pivot ; elle atteint le plan du péritendon extenseur, qui est préservé. Le décollement de la face profonde de la palette et du pédicule se poursuit dans le même plan.
Incision de la berge palmaire. Rectiligne, depuis le bord proximal de la palette jusqu’au point pivot ; elle s’arrête en amont du niveau théorique de la perforante à destinée dorsale. Elle atteint également le plan du péritendon extenseur, préservé.
Décollement de la face profonde. De proximal en distal, dans le plan du péritendon extenseur, qui est préservé.
Mobilisation du lambeau. Le décollement de la face profonde est poursuivi jusqu’à l’obtention de l’arc de rotation désiré.
Mise en place du lambeau. Il est souhaitable de procéder au lâcher du garrot avant la mise en place définitive du lambeau, replacé dans sa position d’origine pour permettre un remplissage correct des capillaires sous-cutanés avant la torsion à 180°. Le volume de la zone de torsion du pédicule ne doit pas inquiéter : il diminue spontanément, ou à l’aide d’une compression par bande élastique. La peau est fermée sans compression du pédicule.
Cas cliniques
Cas n°1. Patient de 23 ans, travailleur manuel. Perte de substance cutanée et tendineuse de la face dorsale de P1 et de l’IPP du 2e doigt, et de P2 du 3e doigt. Amputation subtotale dorsale du pouce.
Réparation tendineuse par plastie de retournement d’une bandelette médiane, procédure identique sur les deux doigts. Mobilisation d’un lambeau de rotation à la face dorsale du 3e doigt.
Mobilisation d’un lambeau digito-métacarpien dorsal sur l’index. Aspect au lâcher du garrot. Fermeture du site donneur de première intention.
Aspect post-opératoire à 10 mois.
Cas n°2. Patient de 54 ans, plaie par scie circulaire de la face dorsale de l’IPP de l’index. Désinsertion de la bandelette médiane de l’extenseur, perte de substance de la base de P2, perte de substance cutanée.
Couverture de la perte de substance dorsale par un lambeau digito-métacarpien dorsal. Réinsertion du tendon extenseur sur P2 (ancre Mitek®), immobilisation temporaire de l’IPP par fixateur externe (UMED-Fix®), secondairement dynamisé pour la rééducation de l’IPP sous distraction. Levée du lambeau, remis dans sa position d’origine avant le lâcher du garrot.
Aspect post-opératoire à 12 mois. Fermeture du site donneur par greffe de peau pleine.
Cas n°3. Patient de 25 ans, travailleur manuel. Plaie par meuleuse de la face dorsale de P2 de l’index. Désinsertion de la bandelette médiane de l’extenseur, perte de substance cutanée.
Repères cutanés du lambeau digito-métacarpien dorsal ; levée du lambeau remis dans sa position d’origine, aspect au lâcher du garrot ; réinsertion du tendon extenseur sur P2 (ancre Mitek®).
Aspect post-opératoire à 12 mois.
Cas n°4. Patient de 33 ans, avulsion de la face palmaire de P2-P3 du majeur par dégauchisseuse. Le patient souhaite une conservation du doigt.
Couverture par lambeau digito-métacarpien dorsal — a priori une mauvaise indication en raison du manque de sensibilité apporté par le lambeau. Ce cas illustre néanmoins la possibilité de placer la palette cutanée dans la région métacarpienne proximale ; la pilosité de cette région impose un rasage régulier du lambeau. Le patient est très satisfait du résultat et a repris son activité professionnelle.
