Généralités
Décrit par J. Bakhach. Recul de l’éponychium (repli proximal de l’ongle), permettant de découvrir jusqu’à un tiers de la surface de la tablette unguéale initiale. Surtout utilisé en urgence, à visée esthétique, en combinaison avec un lambeau de couverture pulpaire.
Avantages
- Simplicité
Inconvénients
- Séquelles unguéales minimes
Anatomie
La vascularisation du lambeau est celle du repli proximal : elle est issue du cercle anastomotique dorsal situé en regard de l’interphalangienne distale.
Les berges latérales sont formées par deux lignes longitudinales parallèles, dont l’extrémité distale se projette en regard des culs-de-sac latéraux de la matrice unguéale. À la partie proximale, une bande désépidermisée de 3-4 mm est dessinée à cheval sur le pli d’extension de l’interphalangienne distale.
Dissection
Décollement de la face profonde. Il se fait au contact de la tablette unguéale ; le geste doit être doux pour ne pas léser le repli proximal de la matrice.
Incision des berges et traction. L’incision cutanée des berges ne doit pas aller au contact de l’os, sous peine de léser les culs-de-sac latéraux de la matrice — celle-ci doit être déroulée, et non sectionnée, pour permettre le recul du lambeau.
Mise en place du lambeau. Il est positionné et maintenu en place par quelques points. La coloration de l’ongle permet de montrer la surface de lit unguéal découverte par le recul de l’éponychium. Dans les suites, un pansement compressif (type Stéristrip) pendant quelques semaines s’oppose à la rétraction du lambeau.
Combinaison du lambeau d’éponychium avec un lambeau d’Atasoy pour le traitement d’une amputation distale.
Cas cliniques
Cas n°1. Patient de 45 ans, travailleur manuel. Amputation transversale du 5e doigt en zone II, fragment amputé non retrouvé.
Aspect post-opératoire à 12 mois.
Cas n°2. Homme de 54 ans, amputation du 4e doigt par fendeuse à bûche, fragment amputé non retrouvé.
Reconstruction pulpaire par lambeau en îlot homodigital. L’avancement du lambeau, pour couvrir l’extrémité digitale, nécessite une mise en flexion de P1. Anticipation de la séquelle de brièveté unguéale par le recul d’un lambeau d’éponychium, qui découvre la partie proximale du lit unguéal.
Au 4e mois, la persistance d’un déficit d’extension de l’interphalangienne proximale (IPP) nécessite le port d’une attelle d’extension pendant deux mois — inconvénient principal du lambeau en îlot lorsque son avancement impose d’immobiliser l’IPP en flexion. La tendance à la rétraction du lambeau d’éponychium est par ailleurs responsable d’une traction sur la partie distale du lit unguéal, à l’origine d’un capotage de la tablette unguéale.
Résultat à 18 mois.
Cas n°3. Patient de 25 ans. Amputation de l’index en zone II par tondeuse à gazon, fragment distal non retrouvé. Le but est de préserver la longueur maximale du doigt et de l’appareil unguéal.
À 6 mois, l’ongle présente encore un aspect dystrophique ; le lambeau présente une tendance à la rétraction longitudinale et latérale, pouvant entraîner une déviation ou un rétrécissement latéral de l’ongle. À 18 mois, l’ongle a perdu l’aspect dystrophique mais présente une légère déviation latérale, liée à une réposition asymétrique du lambeau.
