Généralités
Décrit par Hueston. Lambeau d’avancement-rotation rectangulaire, dont la charnière est préférentiellement localisée sur la pulpe dominante pour en préserver la sensibilité. La dissection abandonne en profondeur le pédicule controlatéral, ce qui rend la partie la plus mobile du lambeau peu sensible.
Quelques points de fixation latéraux sont souhaitables, mais la suture au lit de l’ongle est inutile. La correction d’une « oreille » sur la partie distale de la charnière est plus facile après rotation du lambeau. La zone donneuse est laissée en cicatrisation dirigée, ou couverte par un lambeau triangulaire latéral de rotation.
Avantages
- Simplicité, fiabilité
- Peu de raideur articulaire
- Avancement : 7-10 mm
Inconvénients
- Anomalies unguéales : 30-40 %
- Intolérance au froid : 30-50 %
Avancement du lambeau : 7-10 mm. Arrêt de travail moyen : 43 jours. Sensibilité épicritique : 6-7 mm.
Anatomie
La vascularisation du lambeau dépend du réseau sous-cutané issu des artères collatérales digitales. Ce réseau sera préservé en effectuant la dissection au contact du canal digital, le plus vite possible.
Idéalement, la berge proximale du lambeau devrait tomber dans un pli de flexion. La charnière du lambeau devrait se trouver sur le bord ulnaire du pouce, ou sur le bord radial du doigt pour l’index, le majeur et l’annulaire, afin d’éviter les cicatrices dysesthésiques lors des mouvements de pince.
Dissection
Incision des berges. Repérage du paquet vasculo-nerveux collatéral, qui devra être laissé en place du côté de l’incision longitudinale.
Levée du lambeau. La levée se fait depuis l’incision longitudinale jusqu’à la charnière sur le bord opposé, en respectant le plan du canal digital.
Rotation et fixation. L’avancement du lambeau est maintenu par une aiguille prenant appui dans l’os. Les sutures latérales sont minimes.
La perte de substance laissée par la rotation du lambeau est habituellement laissée en cicatrisation dirigée ou greffée. Elle peut aussi être couverte par un lambeau triangulaire de transposition prélevé sur la face latérale du doigt, si l’exposition résiduelle du paquet vasculo-nerveux est importante.
Cas cliniques
Cas n°1. Patient de 41 ans, banquier. Amputation transversale du 5e doigt en zone II, par écrasement sous une dalle de béton ; replantation rendue impossible par les lésions d’écrasement. Le patient souhaite une reconstruction esthétique, si elle est possible.
Reconstruction selon la méthode de Mantero modifiée par Foucher : ablation des parties molles sur le fragment amputé, en ne conservant que le squelette et le lit unguéal. Cette greffe composite est fixée sur le moignon proximal par deux broches. La reconstruction pulpaire est assurée par un lambeau de rotation pulpaire (Hueston).
Aspect post-opératoire à 12 mois : la zone donneuse à la base du lambeau a été laissée en cicatrisation dirigée. Mobilité des doigts acceptable ; la technique a permis de conserver une longueur de P3 et du lit unguéal.
Cas n°2. Patient de 38 ans. Amputations distales de l’index, du majeur et de l’annulaire par presse chauffante ; la face palmaire des doigts est viable.
Couverture des pertes de substance par des lambeaux de rotation pulpaire, greffe de peau sur les zones donneuses.
Résultat à 14 mois.
Cas n°3. Patient de 61 ans, avulsion pulpaire par meuleuse. Exposition osseuse sur l’index et le majeur ; avulsion superficielle sur l’annulaire.
Mobilisation d’un lambeau de rotation pulpaire sur l’index.
Mobilisation d’un lambeau d’avancement bipédiculé sur le majeur (lambeau de Souquet).
Résultat à 20 mois.
