Généralités
Lambeau prélevé sur la face dorsale de la région métacarpienne, vascularisé a retro par l’artère intermétacarpienne dorsale de l’espace concerné, via les anastomoses commissurales avec le système palmaire — qui représentent le point pivot du lambeau. Fermeture primitive du site donneur.
Avantages
- Arc de rotation important
Inconvénients
- Fiabilité décroissante du 1er au 4e espace
- Dissection délicate dans la région intermétacarpienne
- Cicatrice sur la face dorsale de la main
Anatomie
Le lambeau est axé et vascularisé par l’artère métacarpienne dorsale de l’espace considéré. Le flux sanguin se fait a contrario dans cette artère, après avoir franchi le système anastomotique de la région commissurale avec le réseau collatéral palmaire.
Cette dissection de la face dorsale de la main montre que l’artère intermétacarpienne dorsale des 2e et 3e espaces est en situation sus-aponévrotique, alors que celle du 4e espace est en situation sous-aponévrotique.
La palette cutanée est centrée sur l’angle de divergence du système extenseur. Elle peut atteindre, dans sa partie proximale, le pli d’extension du poignet. Une incision en ligne brisée joint l’extrémité distale de la palette au point de pivot, localisé entre les têtes métacarpiennes.
Dissection
Exposition du pédicule sous-cutané. L’incision en ligne brisée permet une large exposition du tissu sous-cutané, depuis la palette cutanée jusqu’au point pivot. Le plan de décollement est très superficiel, pour conserver la plus grande épaisseur possible au pédicule et y inclure le plan veineux superficiel.
Incision des berges. L’incision cutanée se poursuit en profondeur jusqu’au plan du péritendon extenseur. Ce tendon doit être fortement récliné latéralement pour exposer largement l’espace intermétacarpien, dont on doit prélever l’aponévrose du muscle interosseux dorsal.
Incision aponévrotique. Il est prudent de réaliser rapidement les incisions latérales sur l’aponévrose du muscle interosseux dorsal : ce geste facilite la levée ultérieure du lambeau en permettant d’identifier les éléments à inclure dans le prélèvement.
Libération du lambeau. Le lambeau, ainsi délimité latéralement, est libéré de proximal en distal, en emportant en profondeur l’aponévrose de l’interosseux dorsal. La levée se poursuit jusqu’au point de pivot.
Rotation du lambeau. L’arc de rotation atteint aisément la face dorsale de la première phalange. La section du juncta tendinum permet d’accroître cet arc de rotation. La dissection se termine au niveau du col des métacarpiens.
Cas cliniques
Cas n°1. Patient de 56 ans, ablation d’une tumeur de type basocellulaire dont l’exérèse profonde incomplète impose une recoupe avec ablation du plan du péritendon extenseur. Planification d’un lambeau métacarpien en îlot dorsal du 2e espace : dessin de la palette sur l’angle de divergence des tendons extenseurs, point pivot situé entre les têtes des 2e et 3e métacarpiens.
Aspect post-opératoire à 2 mois.
Cas n°2. Échec d’une tentative de couverture du 4e doigt par lambeau latéro-digital (cas clinique complet présenté avec ce lambeau). Reprise par un lambeau métacarpien en îlot dorsal du 3e espace. Aspect post-opératoire à 8 mois, après reconstruction tendineuse par plastie de retournement de la bandelette médiane de l’extenseur.
