Généralités
Décrit par Kutler en 1937. Lambeau triangulaire d’avancement à pédicule sous-cutané : il s’agit en fait de deux lambeaux triangulaires, prélevés sur les faces latérales du doigt, dont les bases sont suturées l’une à l’autre sur la ligne médiane. Le principe est identique à celui du lambeau d’Atasoy, tant pour le mode de vascularisation que pour le prélèvement.
Il n’est pas utile de fermer le V proximal pour obtenir un Y, car il cicatrise spontanément. La suture latérale des berges et la suture distale au lit de l’ongle sont également inutiles. L’avancement du lambeau est limité (5 mm) ; une dissection plus étendue des axes vasculo-nerveux collatéraux permet un meilleur avancement, mais il semble préférable, dans cette indication, de réaliser un véritable lambeau en îlot.
Avantages
- Simplicité, fiabilité
- Peu de raideur articulaire
Inconvénients
- Cicatrice médiane pulpaire souvent douloureuse
- Avancement limité : 5 mm
- Intolérance au froid : 30-50 %
Arrêt de travail moyen : 39 jours. Sensibilité épicritique : 5 mm.
Anatomie
La vascularisation des deux lambeaux d’avancement est d’origine sous-cutanée pulpaire.
Dessin triangulaire, sur la face latérale du doigt. L’incision supérieure reste à 2-3 mm du rebord latéral de l’ongle pour en préserver les replis latéraux. La surface de chaque lambeau ne doit pas être trop petite, pour inclure suffisamment de vascularisation sous-cutanée.
Cas cliniques
Cas n°1. Patient de 55 ans, travailleur manuel. Amputation transversale du pouce en zone II.
Mobilisation des lambeaux de Kutler. Aspect post-opératoire immédiat.
Aspect post-opératoire à 16 mois.
Cas n°2. Patient de 42 ans, travailleur manuel. Amputation transversale du 3e doigt en zone III par meuleuse.
Aspect post-opératoire immédiat.
Aspect post-opératoire à 7 mois.
