Pr Philippe Pélissier — Service de Chirurgie Plastique-Main, CHU de Bordeaux
Anatomie générale des tendons de la main
Figure 1 — Anatomie générale des tendons de la main : faces dorsale et palmaire, et découpage en zones.
Anatomie du système fléchisseur
Les caractéristiques essentielles du système fléchisseur sont :
un corps musculaire en grande partie commun à plusieurs doigts (doigts ulnaires ++) ;
le diamètre des tendons, qui permet des sutures solides ;
la présence d’une gaine synoviale ;
la présence de poulies de réflexion au niveau du canal digital, qui plaquent le tendon contre l’os et démultiplient la force de tension.
Figure 2 — Le système fléchisseur, de l'avant-bras au canal digital.
Le caractère commun des corps musculaires des fléchisseurs explique le « phénomène du quadrige » (le quadrige étant à l’origine un char tiré par quatre chevaux : si un cheval tombe, les autres suivent). Une adhérence du système fléchisseur sur un rayon empêche l’enroulement de ce dernier, mais également celui du rayon adjacent.
Figure 3 — Ici, une adhérence du fléchisseur sur le cinquième doigt est responsable d'un déficit associé sur le quatrième rayon.Figure 4 — L'analyse du quatrième doigt montre que le système fléchisseur superficiel et profond est fonctionnel. C'est donc bien le déficit de flexion du cinquième doigt qui est responsable du déficit sur le quatrième.Figure 5 — Lorsque les poulies sont intactes, la mise en tension du tendon fléchisseur provoque un enroulement harmonieux du doigt au niveau de chaque articulation.Figure 6 — Lorsque les poulies sont sectionnées, la mise en tension du tendon devient moins efficace et le tendon prend la « corde de l'arc ». Cela se traduit cliniquement par une perte d'enroulement et de force, ainsi qu'une tendance à l'ulcération cutanée en regard de la bride tendineuse.Figure 7 — Lésion de la poulie A2. La flexion du doigt est encore possible, mais elle est limitée, en particulier pour ce qui concerne le fléchisseur profond. Pourtant, lorsque l'on teste séparément les deux systèmes, superficiel et profond, ils restent fonctionnels.
Anatomie du système extenseur
Figure 8 — Le système extenseur ne peut être dissocié du système intrinsèque, formé des muscles interosseux dorsaux, interosseux palmaires et lombricaux.Figure 9 — Aspect du système extenseur sur la face dorsale de la phalange proximale, où il contracte une insertion.Figure 10 — La dossière des interosseux à la face dorsale de la MP.Figure 11 — Le rétinaculum des extenseurs à la face latéro-dorsale de l'IPP.Figure 12 — La bandelette terminale du système extenseur, réunion des bandelettes latérales individualisées au niveau de l'IPP.
La mise en tension du système extenseur extrinsèque permet avant tout une extension de la phalange proximale, ce qui est sa fonction principale. Ce n’est que par une mise en tension extrême que l’on provoque une extension de l’IPP et de l’IPD.
Figure 13 — Étude dynamique de la relation extenseur – intrinsèques. Le repère vert permet de visualiser la mobilisation du système extenseur extrinsèque, le repère rouge celle du système intrinsèque.Figure 14 — La mise en flexion de la MP provoque un avancement du repère vert ; le repère rouge ne bouge pas. Ceci confirme que le système extenseur extrinsèque est responsable de l'extension de P1, sans action spontanée sur l'IPP ou l'IPD.Figure 15 — La mise en flexion de l'IPP, puis celle de l'IPD, ne déplacent pas le repère vert ; on observe en revanche un avancement du repère rouge. C'est donc le système intrinsèque qui est majoritairement responsable de l'extension de l'IPP et de l'IPD.
Fléchisseurs — ténolyse
Figure 16 — Antécédent de suture tendineuse en zone I – II dix mois plus tôt. Protocole de rééducation mal suivi en raison des douleurs. Déficit de flexion de l'IPD.Figure 17 — L'exploration retrouve la zone de suture à la sortie du canal digital. Le tendon est repéré de part et d'autre de la poulie A4, qui sera impérativement respectée. La ténolyse se fait au décolleur à tendon et au ciseau mousse.Figure 18 — Il est impératif de tester le résultat de la ténolyse par une traction à distance, ainsi que la résistance du tendon. Le risque de rupture doit être évalué dès ce stade pour envisager éventuellement une autre solution.Figure 19 — Résultat à six mois.
Fléchisseurs — greffe en un temps
La technique utilisée ici est celle décrite par A. Belmahi sous le nom de « piège à fibroblastes ».
Figure 20 — Déficit fonctionnel six mois après une section des fléchisseurs de l'index, traitée en urgence et ayant bénéficié d'un protocole de rééducation adapté.Figure 21 — L'exploration retrouve une élongation des cals de suture tendineux et une adhérence majeure du système fléchisseur dans le canal digital. Le tendon fléchisseur profond est identifié par l'insertion du lombrical. Le fléchisseur superficiel est prélevé jusqu'à l'insertion musculaire pour servir de greffon tendineux.Figure 22 — Le greffon tendineux est suturé au fléchisseur profond. L'anastomose est réalisée au niveau du canal carpien pour éviter les adhérences dans le canal digital. Le greffon est tunnelisé dans le canal digital dont les poulies ont été préservées. Un tube de silicone, ouvert latéralement, vient recouvrir la face palmaire du tendon, ce dernier étant fixé sur la phalange distale par un ancrage trans-osseux.Figure 23 — Aspect en fin d'intervention. L'enveloppe de silicone est extériorisée au niveau de la pulpe pour permettre son ablation ultérieure.Figure 24 — Aspect à l'ablation de l'enveloppe de silicone à huit semaines. L'orifice cicatrisera en trois semaines. L'écoulement séreux observé laisse penser qu'un film biologique s'est formé autour du corps étranger.Figure 25 — Résultat à 4 mois. Le patient a gagné en amplitude de flexion, mais celle-ci reste déficitaire, notamment au niveau de l'IPD. On note un effet de corde d'arc à la base de la phalange proximale, faisant suspecter une rupture de poulie.Figure 26 — L'exploration objective la rupture de poulie, qui sera reconstruite par une plastie telle que décrite par Michon, utilisant un greffon tendineux de palmaris longus.Figure 27 — La rééducation est effectuée sous protection de la poulie reconstruite par une orthèse en anneau. À droite, résultat à six mois.
Fléchisseurs — greffe en deux temps
Figure 28 — Déficit fonctionnel du troisième doigt, cinq ans après une suture des fléchisseurs. Il s'agit en fait d'une rupture de la suture entre les poulies A2 et A4, associée à une fibrose extensive du canal digital.Figure 29 — Le fléchisseur superficiel est ténolysé. Le canal digital est reperméabilisé par un conformateur silicone taille unique (Arex) ; à la partie distale, reconstruction de la poulie A4 et enfouissement de l'extrémité du conformateur dans les parties molles pulpaires. Au niveau du canal carpien, l'extrémité distale du fléchisseur profond (réséqué en zone saine) est suturée au tendon fléchisseur superficiel du quatrième doigt, qui sera utilisé secondairement comme greffon tendineux. L'anastomose est enfouie dans le canal carpien et sera récupérée lors du deuxième temps, à la façon de la technique de Paneva-Holevitch.Figure 30 — Le conformateur de silicone est en général laissé en place pendant deux mois, délai nécessaire à la formation d'une membrane périphérique (ou film biologique de type réaction « à corps étranger »), qui constituera le plan de glissement du greffon tendineux. Dans l'intervalle, le patient doit entretenir la souplesse des articulations : le deuxième temps ne peut se faire que si les amplitudes de flexion et d'extension passives sont proches de la normale.Figure 31 — Le deuxième temps de la reconstruction débute par un repérage et une libération de la suture tendineuse réalisée lors du premier temps. Le fléchisseur superficiel du quatrième doigt est sectionné à la base du doigt et extériorisé au niveau du canal carpien. Il est ensuite solidarisé au conformateur, dont l'extrémité distale est repérée au niveau de la pulpe, puis tunnelisé dans le canal digital à la suite du conformateur.Figure 32 — Résultat à huit ans.
Fléchisseurs — allongement
Figure 33 — Plaie du fléchisseur profond négligée, datant d'un mois. L'extrémité proximale du tendon est rétractée entre les poulies A2 et A4. Une suture sous tension résulte en général en un doigt en crochet. Dans ces cas où la rétraction est évaluée à 2-3 cm, il est possible de tenter une réinsertion distale du fléchisseur et d'éviter la séquelle à type de doigt en crochet en procédant immédiatement à un allongement du tendon fléchisseur au niveau de l'avant-bras. En cas d'échec, la greffe tendineuse en un ou deux temps, ou une arthrodèse de l'IPD, restent toujours possibles.Figure 34 — Le fléchisseur profond est successivement repéré au niveau du canal carpien et au niveau de l'avant-bras. Son extrémité distale est fixée à un conformateur silicone taille unique (Arex). À l'avant-bras, le tendon est allongé selon une plastie en marche d'escalier.Figure 35 — Le tendon est tunnelisé de façon atraumatique sous les poulies A3 et A4.Figure 36 — L'extrémité distale du tendon est fixée sur la base de la phalange distale par un barb-wire. Ce n'est qu'après cette fixation distale que le réglage de la plastie proximale pourra se faire.Figure 37 — Test per-opératoire permettant de vérifier la solidité de la fixation distale et le parfait glissement du tendon. Le réglage final se fait par suture des deux bandelettes tendineuses proximales, en exagérant légèrement la cascade naturelle sur le doigt concerné. Il est prudent de procéder au lâcher du garrot 10 min avant ce réglage, afin de retrouver un tonus physiologique des corps musculaires.
Fléchisseurs — amputation
Lorsque les possibilités de reconstruction sont dépassées, et s’il existe un retentissement sur les rayons adjacents, l’amputation reste le seul moyen de réhabiliter une main qui, sans cela, sera progressivement exclue.
Figure 38 — Raideur du quatrième rayon après plusieurs tentatives de réparation (reprise de rupture, ténolyses) et de reconstruction (greffe) tendineuse. Le déficit de flexion du quatrième rayon entraîne, par effet quadrige, un déficit similaire sur le cinquième rayon. Il s'agit d'une séquelle très invalidante chez ce travailleur de force.Figure 39 — L'intervention proposée ici est une résection du quatrième rayon jusqu'au niveau intracarpien, telle que proposée par Le Viet (aspect immédiat et à deux ans).Figure 40 — Résultat fonctionnel à deux ans. Disparition de l'effet quadrige sur le cinquième doigt. Le patient a repris son activité professionnelle.
Extenseurs — greffe
Figure 41 — Rupture des extenseurs des 3e, 4e et 5e doigts sur un ostéophyte à la face dorsale du carpe, dans un contexte rhumatismal. La rupture date de plusieurs semaines, faisant suspecter une rétraction importante des corps musculaires et des tendons.Figure 42 — L'extrémité distale des tendons extenseurs est enveloppée dans un greffon tendineux large prélevé sur le fascia lata. Le système extenseur étant fin et fragile, le cal fibreux est préservé pour donner plus de solidité à la réparation.Figure 43 — La greffe de fascia lata est enroulée autour des extenseurs à leurs extrémités proximales et distales. En raison de la rétraction importante des tendons, la capacité fonctionnelle des corps musculaires correspondants peut être mise en doute : la reconstruction s'appuie donc sur le tendon extenseur de l'index.Figure 44 — Reconstruction du ligament rétinaculaire dorsal du carpe.Figure 45 — Aspect à 12 mois. Il existe probablement une surcorrection au niveau du cinquième doigt. Par ailleurs, la patiente profite d'un léger effet ténodèse à la face dorsale du poignet lors de la mise en extension des doigts, et a repris son activité de pianiste. Ce cas confirme que le seul but de cette reconstruction est d'obtenir une extension de la phalange proximale, l'extension de l'IPP et de l'IPD étant sous la dépendance du système intrinsèque, ici intact.
Extenseurs — ténolyse
Figure 46 — Déficit fonctionnel en flexion-extension des 3e et 4e doigts dans les suites de fractures des phalanges proximales par écrasement. L'adhérence du système extenseur sur la face dorsale de la phalange entraîne un déficit d'extension de l'IPP, progressivement pérennisé par une raideur articulaire.Figure 47 — Planification de voies d'abord à la jonction des faces latérales et dorsales.Figure 48 — Aspect per-opératoire de la ténolyse du système extenseur, qui nécessite une libération de la face superficielle aussi bien que profonde du tendon.Figure 49 — La voie latéro-dorsale permet l'abord simultané du canal digital à la face palmaire de l'IPP et la réalisation d'une arthrolyse antérieure.Figure 50 — Résultat à deux ans. La persistance d'un déficit d'extension sur le 4e doigt illustre une des difficultés du traitement secondaire du système extenseur : il s'agit de tendons fins, qui ont tendance à se distendre sur la face dorsale de l'IPP quand celle-ci est bloquée en flexion, et qui se rétractent peu secondairement. À l'inverse, le système fléchisseur est difficile à distendre et se rétracte volontiers à la jonction musculo-tendineuse.
Extenseurs — boutonnière
Figure 51 — Mécanisme de la déformation en boutonnière.
La rupture de la bandelette médiane du système extenseur libère la tendance naturelle de l’IPP à se porter en flexion. De plus, n’étant plus retenu à la base de P2, le système extenseur tend à reculer sous l’effet de la tension naturelle du tendon. Le système intrinsèque, qui se termine sur les bandelettes latérales, se rétracte et tend à déplacer les bandelettes en position palmaire, réalisant ainsi une boutonnière à travers laquelle passe l’IPP. Avec le temps, la traction continue du système intrinsèque sur les bandelettes latérales provoque une extension de l’IPD.
Réinsertion de la bandelette médiane
Figure 52 — Plaie minime par tournevis il y a trois mois, négligée par le patient. Déformation progressive en boutonnière.Figure 53 — L'exploration retrouve la section de la bandelette médiane du système extenseur au dos de l'IPP.Figure 54 — Réinsertion de la bandelette médiane sur une ancre de Mitek, après avivement de la base de la phalange moyenne.Figure 55 — Résultat fonctionnel à 15 mois.
Plastie de Littler-Eaton (retournement des bandelettes latérales)
Figure 56 — Les bandelettes latérales sont séparées de l'expansion des intrinsèques et sectionnées à leur partie distale, avant le niveau de la bandelette terminale. Elles sont ensuite retournées sur elles-mêmes, suturées bord à bord sur la ligne médiane et fixées à la face dorsale de la phalange moyenne par un point trans-osseux. L'IPD reste mobile par un effet ténodèse du muscle lombrical et des ligaments rétinaculaires obliques.Figure 57 — Exploration chirurgicale d'une déformation en boutonnière post-traumatique. La résection du cal fibreux sur la bandelette médiane ne permet plus de réaliser une réinsertion sur la phalange moyenne.Figure 58 — Mise en place d'une ancre de Mitek pour la fixation de la plastie tendineuse.Figure 59 — Les bandelettes latérales ont été séparées de l'expansion des intrinsèques et sectionnées à leur partie distale avant le niveau de la bandelette terminale. Elles sont retournées sur elles-mêmes, suturées bord à bord et fixées à la base de la phalange moyenne sur l'ancre métallique.Figure 60 — L'articulation IPP est immobilisée en extension pendant 6 semaines, pendant lesquelles une rééducation passive et active de l'IPD est encouragée pour lutter contre la rétraction résiduelle du système intrinsèque.Figure 61 — Résultat à huit mois.
Extenseurs — col de cygne
La déformation en col de cygne peut avoir quatre origines :
origine articulaire (rhumatisme) : destruction de la plaque palmaire, hyperextension de l’IPP, flexion de l’IPD ;
origine « doigt en maillet » : destruction de l’extenseur, flexion de l’IPD, hyperextension de l’IPP ;
origine intrinsèque : rétraction des muscles intrinsèques, hyperextension de l’IPP, flexion de l’IPD ;
origine extrinsèque : adhérences des extenseurs au poignet ou sur l’IPP, hyperextension de l’IPP, flexion de l’IPD.
Figure 62 — Fonction extenseur en situation physiologique.Figure 63 — Fonction extenseur après section de la bandelette terminale sur la face dorsale de l'IPD. Déformation en col de cygne dynamique.Figure 64 — Aspect fonctionnel de la déformation en col de cygne, ici séquellaire d'un écrasement de la phalange distale avec probable destruction du système extenseur à ce niveau.
La souplesse des articulations IPP et IPD doit être vérifiée avant toute correction chirurgicale.
Traitement. Doigt en maillet et déformation en col de cygne absente ou débutante : ténodermodèse. Déformation en col de cygne mineure ou échec de la ténodermodèse : plicature de la plaque palmaire. Déformation en col de cygne franche, avec IPP et IPD souples : S.O.R.L.
Extenseurs — ténodermodèse
La ténodermodèse (ou procédé de Brooks-Graner) s’adresse aux échecs du traitement des doigts en maillet par rupture tendineuse. Elle consiste à réséquer le cal fibreux de la bandelette terminale à la face dorsale de l’IPD avec la peau en regard, à la manière d’un quartier d’orange. La peau et le tendon sont ensuite suturés en masse, la cicatrisation cutanée servant d’attelle à la cicatrisation tendineuse.
Figure 65 — Exemple de séquelle de doigt en maillet par échec du traitement par immobilisation. Bien que le traumatisme initial ne date que de quelques semaines, le doigt commence à se déformer en col de cygne.Figure 66 — La technique de ténodermodèse est démontrée sur une lésion fraîche du système extenseur sur l'IPD. Le principe reste le même pour les lésions secondaires, si ce n'est que l'intervention débute par la résection en quartier d'orange de la peau et du tendon en regard de l'IPD, où siège le cal fibreux non fonctionnel.Figure 67 — La suture se fait par trois points de type Blair-Donati. Lors du passage « aller », l'aiguille charge le tendon extenseur et la peau ; lors du passage « retour », l'aiguille ne charge que la peau. Il est conseillé de placer les trois points pour contrôler leur mise en place adéquate et de les laisser en attente avant de les serrer. Le doigt est ensuite immobilisé sur attelle pendant 8 semaines.Figure 68 — Contrôle de la réparation en post-opératoire immédiat.Figure 69 — Résultat à deux ans.
Extenseurs — plicature de la plaque palmaire
La plicature de la plaque palmaire permet une correction passive de la tendance à l’hyperextension de l’IPP. Elle s’adresse aux déformations peu marquées et elle est en général associée à une ténodermodèse ou à une arthrodèse de l’IPD.
Figure 70 — Il ne s'agit pas ici d'une capsulodèse de la plaque palmaire, mais d'une résection-avancement de la plaque (selon Portis). Malgré tout, le principe de cette plastie est comparable à celui d'une résection en quartier d'orange de la plaque palmaire avec suture des berges.
Dans le cas présenté, la déformation en col de cygne était d’origine articulaire et limitée : le traitement a associé une plicature de la plaque palmaire de l’IPP et une arthrodèse de l’IPD.
Figure 71 — Résultat à trois mois.
Extenseurs — S.O.R.L.
La technique du SORL (Spiral Oblique Retinacular Ligament), décrite par Littler, réalise un effet ténodèse qui corrige la flexion de l’IPD et l’hyperextension de l’IPP en reconstruisant le ligament rétinaculaire oblique dont elle tire son nom.
Démonstration anatomique
Figure 72 — Préparation du tunnel osseux longitudinal sur P3.Figure 73 — Préparation du tunnel osseux transversal sur P1.Figure 74 — Fixation du greffon tendineux dans le canal osseux de P3.Figure 75 — Préparation du tunnel sous-cutané à la face palmaire de l'IPP.Figure 76 — Le greffon passe au dos de l'IPD pour corriger sa flexion, puis chemine sur le bord ulnaire de la phalange moyenne. Il passe ensuite à la face palmaire de l'IPP, dont il corrige l'extension. Il gagne enfin le bord radial du doigt en passant en avant des fléchisseurs et en arrière des pédicules vasculo-nerveux collatéraux.Figure 77 — Passage du greffon dans le tunnel osseux de P1, puis réglage de la tension du greffon (tenu sur pinces) pour corriger la déformation en col de cygne.
Application clinique
Figure 78 — Examen pré-opératoire et tracé des incisions.Figure 79 — Prélèvement du greffon tendineux de palmaris longus.Figure 80 — Exposition de la face dorsale de la base de la phalange distale et confection d'un tunnel osseux longitudinal. Le reste de cathéter est destiné à faciliter le passage du système de fixation.Figure 81 — Fixation distale du greffon sur P3 par un barb-wire. Résection du cal fibreux de bandelette terminale, qui crée ici un volume inutile.Figure 82 — Préparation du tunnel osseux transversal sur la phalange proximale. Le tendon contourne ensuite la face ulnaire de P2 avant d'être récupéré sur le bord radial du doigt, après son passage en avant de l'IPP (en avant du système fléchisseur et en arrière des pédicules vasculo-nerveux collatéraux).Figure 83 — Passage trans-osseux du greffon sur la phalange proximale et fixation par un barb-wire.Figure 84 — Aspect final du réglage. L'IPD est en extension totale et l'IPP en flexion à 20°.Figure 85 — Résultat à quatre mois. Le réglage per-opératoire n'est pas encore détendu et tend à simuler une surcorrection en boutonnière. Ce n'est qu'au-delà de six mois qu'une attelle d'extension sera éventuellement placée pour obtenir l'extension complète de l'IPP.
Suites. Le greffon est protégé pendant six semaines par une attelle dorsale anti-retour, qui empêche la mise en tension mais permet la rééducation en flexion de la chaîne digitale. Si la déformation en maillet tend à se reproduire pendant cette période, l’IPD sera protégée par une tuile dorsale.
Extenseurs — arthrodèse
Lorsqu’un programme de reconstruction tendineuse par greffe n’est pas envisageable ou n’est pas souhaité par le patient, l’arthrodèse de l’IPD constitue une solution simple pour corriger une déformation en crochet distal (après adhérence) ou un manque de stabilité et de force lors des mouvements de pince.
Figure 86 — Séquelle de doigt en maillet par arrachement osseux, négligée par le patient. L'arthrodèse est en général réglée en légère flexion (10-15°) pour permettre un contact avec la paume lors de l'enroulement, en particulier chez le travailleur de force. Le réglage se fait plutôt en extension chez la femme, pour des raisons esthétiques.Figure 87 — Résultat à deux mois. La tolérance de cette intervention est en général très bonne et permet au patient de retrouver une activité normale.